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Les Rencontres de la photographie d’Arles

Les Rencontres de la photographie d’Arles : Paul Graham, La Nouvelle-Orléans, série a shimmer of possibility  [un scintillement de possibilités],  2003-2006. Avec l’aimable autorisation de Pace/MacGill Gallery,  New York - Carlier | Gebauer, Berlin - Anthony Reynolds Gallery, Londres.    Les Rencontres de la photographie d’Arles : Sinem Di?li, Tourbillon de sable, 2015. Les barrages sur l’Euphrate ont conduit à une inégalité de la distribution de l’eau entre la Syrie, l’Irak et la Turquie, et l’utilisation insensée de l’eau et des sols à Urfa à entraîner une désertification de la r    Les Rencontres de la photographie d’Arles : Taysir Batniji, Yasmine Batniji, à Newport Coast (Californie), série Adam, 2017. Avec l’aimable autorisation de l’artiste, de la galerie Sfeir-Semler Beyrouth/Hambourg et de la galerie Eric Dupont, Paris.    Les Rencontres de la photographie d’Arles : Jonas Bendiksen INRI Cristo est promené autour du complexe sur un piédestal sur roues. INRI sont les initiales que Ponce Pilate fit écrire en haut de la croix de Jésus, et signifient : Jésus Christ, Roi des Juifs. Brésil, 2014.  Avec l’aimable autorisatio   

02/07/2018 - 23/09/2018
Site de l'exposition
Bureau du festival
34 rue du docteur Fanton
13200 Arles


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Sonner l’alerte ? Trop tard. Si nous avons une descendance, elle fera l’archéologie de nos faillites. Les Rencontres d’Arles 2018 serviront. Mais rien n’est simple et le désastre est réticent à se laisser mettre en image.


Paul Graham ne dit pas autre chose. De la blancheur aveuglante de ces grands formats surexposés émergent des spectres noirs. La pauvreté afro-américaine ne se regarde pas en face. Pas plus que les cataclysmes écologiques, comme l’atteste cet autre brouillard, dans la série Yangtze de Nadav Kander, avec ses jeux référentiels sur l’estampe chinoise. En déroute, le monde se dérobe à la vue. Superbes, ces compositions diffusent la sérénité qui survient après l’apocalypse. Le motif trouve son écho dans les paysages ocres du Dust Bowl de Benoît Aquin et ses détails nappés d’un sfumato si dense que l’œil glisse à la surface de l’image. Comme si le réel se voilait pour disparaître en paix. Moins à l’Est, la jeune Sinem Di?li, membre de la scène contemporaine turque, a recours à l’abstraction pour dire l’érosion des sols anatoliens. La rigueur structurale de son Tourbillon de sable s’impose comme un constat dénué d’affect sur l’effritement de notre planète.
En comparaison, Robert Frank et Raymond Depardon viennent d’un temps aboli. En virées américaines, les deux géants protestaient contre l’humanisme photographique des années 1950. L’un comme l’autre se recueillaient avec fièvre sur les blessures d’un monde dont la transparence ne faisait pas de doute. Cadrages et sujets pouvaient bien rivaliser d’audace, la pratique photographique pouvait encore faire corps avec son environnement. Une logique cousine s’affirme chez Joan Colom et Jane Evelyn Atwood. Leurs petits formats et cadres resserrés témoignent d’un compagnonnage et d’une intimité avec le peuple des quartiers chauds de Barcelone et du Pigalle des années 1970-80. À côté de cela, l’ironie de Jonas Bendiksen fleure l’âcreté de notre époque. À travers quatre continents, le Norvégien suivit récemment sept hommes, tous convaincus d’être le Messie… Saisissant, un Jésus Christ britannique fixe le ciel vide de ses jumelles. Ce regard masqué par l’appareil, scrutant le néant anxieusement, n’est-ce pas celui de tout photographe ?
Et pourtant, ces Rencontres laissent aussi filtrer de l’oxygène. À preuve l’impressionnant retour sur le travail du Palestinien Taysir Batniji. Éloigné de toute frontalité sursignifiante, le photographe opère un repli au journal intime pour raconter la vie sous occupation. Cette recherche, selon ses mots, d’une « mémoire vivante » éclate avec cette image de la Méditerranée gazaouie. S’ouvrant devant un homme à cheval, la mer recrache une grappe d’enfants dans le même mouvement. Cette tendresse désespérée côtoie l’acidité d’affichettes rétroéclairées, style annonces immobilières pour maisons bombardées. Là, Batniji écarte la photographie informative mais aussi toute « circonscription de son travail ». Cette dialectique ouvre le propos et résonne avec les fantasmes d’une Pologne imaginaire de Lucas Olivet. Détournement et agencement de photos énigmatiques donnent ici lieu à une rêverie sur la photographie comme machine à inventer un nouveau monde. Ce ne sera pas inutile.

Ulysse Baratin

Artiste(s) exposant(s)

- Taysir Batniji