Festival APART
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| | Prix Normal | | 7.00 € |
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Sommaire
20 LES LIEUX DU FESTIVAL
Maussane-les-Alpilles
22 LES LIEUX DU FESTIVAL
Tarascon
30 LES LIEUX DU FESTIVAL
Saint-Etienne-du-Grès
34 LES LIEUX DU FESTIVAL
Les Baux-de-Provence
36 LES LIEUX DU FESTIVAL
Fontvieille
38 LES LIEUX DU FESTIVAL
Saint-Rémy-de-Provence
56 LES LIEUX DU FESTIVAL
Eygalières
58 LES LIEUX DU FESTIVAL
Mouriès
Editorial
Dans L’amour de l’art, une enquête publiée en 1969 sur les publics des musées européens, Pierre Bourdieu tempête contre la propension des « gardiens du temple » à déclamer leur fable. L’opposition factice entre le regard « naturel », réservé aux « profanes », naïvement émerveillés devant l’œuvre des créations de l’esprit, et celui de l’« être de culture », qui bâtit une forteresse « innée » de ce qu’il aurait reçu comme un pur héritage, est battue en brèche. La cécité des gardiens du temple face aux bienfaits de l’acquis est signalée, en même temps que la dimension pleinement humaine des œuvres. L’édification d’une appétence pour l’art se construit, nous le savons, sur la durée. Et à partir de rencontres significatives.
C’est ce type de rencontres qu’initie le Festival APART, à travers une multitude d’interventions plastiques, de débats, de performances, prenant place dans un contexte particulier.
En résonance avec ce désir d’aller au-devant du public et de sortir des sentiers battus, (qui rejoint les choix éditoriaux de la revue Art Absolument), le Festival APART propose un partage de l’art au-delà de son cercle habituel.
Son caractère inédit ne réside pas dans sa convivialité, ni dans son inscription dans une région localisée et hors du circuit institutionnel – les Alpilles –, ni même dans la proposition qui y est faite de découvrir les œuvres d’artistes reconnus ou en devenir, de plusieurs générations et de diverses origines : il est la conjonction de toutes ces qualités, plus celle, essentielle, de s’adresser à tous. Pas de gommer les aspérités et les différences pour inventer la fiction du « spectateur universel » – idée plaisante, néanmoins fausse – mais bien de composer une mosaïque, où chacun vient au festival avec sa culture et son expérience propres. Dans ce mix entre profane et connaisseur, se joue une vision expérimentale et incarnée de l’art, faisceau de l’air du temps.
Tom Laurent