Numéro 31
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Sommaire
8 Actualités
Choix d’événements artistiques
26 Exposition
TITIEN, TINTORET, VÉRONÈSE : regarde les hommes tomber. Musée du Louvre Par Emmanuel Daydé
36 Exposition
BHOUTAN, Le pays du bonheur, Musée Guimet Entretien entre Nathalie Bazin et Élisabeth Couturier
44 Exposition
DREAMTIME, La naissance de l'art, Grotte du Mas-d’Azil Par Alexandra Fau
50 Artiste
STÉPHANE PENCRÉAC’H, ou peindre sans culpabilité, Entretien avec Jean-Michel Foray
58 Artiste
FOUAD BELLAMINE, ou voiler le visible pour révéler l'invisible, Entretien avec Pascal Amel
66 Artiste
ALEXANDRE HOLLAN, “devant le motif”, Textes de Manuel Jover et Alexandre Hollan
72 Esthétique
L’IMMENSITÉ APAISÉE : Peintres cubains, Par Zoé Valdés
84 Esthétique
LES PEINTRES DU DÉSIR Entretien entre Pascal Amel et Bernard Noël
92 Bibliothèque
la chronique de Pascal Bonafoux : Vincent Van Gogh – Les lettres.
94 Bibliothèque
entretien entre José Alvarez et Pascal Amel autour de Anna, la nuit.
96 Bibliothèque
Choix de livres d’art
Editorial
De l’interprétation de l’oeuvre...
« Les problèmes posés par l’interprétation de l’oeuvre d’art se présentent sous l’aspect de contradictions presque obsédantes. L’oeuvre d’art est une tentative vers l’unique, elle s’affirme comme un tout, comme un absolu et en même temps, elle appartient à un système de relations complexes. Elle résulte d’une activité indépendante, elle traduit une rêverie supérieure et libre, mais on voit aussi converger en elle les énergies des civilisations. Enfin
(pour respecter provisoirement les termes d’une opposition tout apparente) elle est matière et elle est esprit, elle est forme et elle est contenu. Les hommes qui s’emploient à la définir la qualifient selon les besoins de leur nature et la particularité de leurs recherches. Celui qui la fait, lorsqu’il s’arrête à la considérer, se place sur un autre plan que celui qui la commente et, s’il se sert des mêmes termes, c’est dans un autre sens. Celui qui en jouit avec profondeur et qui, peut-être, est le plus délicat et le plus sage, la chérit pour elle-même : il croit l’atteindre, la posséder essentiellement – et il l’enveloppe du réseau de ses propres songes. Elle plonge dans la mobilité du temps, et elle appartient à l’éternité. Elle est particulière, locale, individuelle, et elle est un témoin universel. Mais elle domine ses diverses acceptions et, servant à illustrer l’histoire, l’homme et le monde même, elle est créatrice de l’homme, créatrice du monde, et elle installe dans l’histoire un ordre qui ne se réduit à rien d’autre. »
Henri Focillon, extrait de Vie des formes, 1943