André Cervera. Carambolages
L'exposition
L’œuvre d’André Cervera refuse toute logique de cloisonnement et de rigidité, au profit d’une dynamique permanente de projection, de collision et d’hybridation. Né à Sète en 1962 et nourri par le mouvement punk, le cinéma de Pasolini et l’œuvre d’Yves Klein, l’artiste peintre rend un hommage obstiné à sa vie, son héritage, ses voyages et ses convictions. Réalisées pour la plupart au cours de ces deux dernières années, les quarante toiles réunies au musée Paul Valéry de Sète témoignent de toute la vitalité et de la maturité du travail de ce peintre voyageur.
Le « carambolage » constitue chez lui une véritable méthode : Cervera organise la rencontre de références artistiques et culturelles hétérogènes pour produire des images stratifiées, fixer des souvenirs recomposés et stabiliser les traces affectives de son passé. A la manière d’un montage cinématographique, la surface picturale se fragmente et se recompose, intégrant acrylique, tissu, bombe aérosol, figures monstrueuses et iconographie populaire.
« Les Fictions de Sète » ouvrent le parcours de l’exposition. Loin du simple récit autobiographique et de la nostalgie apaisée, son enfance au sein de l’environnement portuaire sétois est dépeinte comme une période d’ambivalence : les motifs familiers comme les rues et les jeux se superposent à des formes inquiétantes, telles que les grues aux allures repoussantes dans Les Monstres attaquent la ville (2024).
Avec les « Territoires de l’imaginaire », Cervera puise dans ses nombreux voyages. De la Chine à l’Inde en passant par le Sénégal ou le Maroc, le peintre revendique une forme de rupture avec la culture occidentale et la « créolisation » de ses influences. L’artiste interroge ainsi la porosité entre visible et invisible, la symbolique des couleurs, et s’intéresse aux rituels chamaniques et aux objets porteurs de sacré. Masques, fragments textiles et objets du quotidien s’agrègent au sein de compositions denses où les histoires et les matériaux collectés façonnent de nouvelles réalités.
En convoquant des figures comme Francisco de Goya ou James Ensor, Cervera ne cite pas, il détourne. Profondément existentiels, les thèmes abordés dans ses « Peintures d’histoire » entrent en résonnance avec les préoccupations contemporaines. Dans La Grande traversée (2022), il réactive le naufrage de la frégate Méduse dépeint par Géricault pour alerter sur le drame des migrants naufragés dans la Méditerranée.
Vingt-et-un ans après une première exposition au musée Paul Valéry, « André Cervera. Carambolages » invite le visiteur à circuler entre le réel et l’imaginaire, à explorer la puissance des souvenirs et le caractère presque rituel de la peinture de l’artiste. Placée sous le commissariat de Camille Bertrand-Hardy et de Stéphane Tarroux, elle propose de se plonger dans l’esthétique carambolée d’un artiste refusant les canons académiques pour revendiquer l’hybridation perpétuelle de ses multiples références.
Line Puech
Le « carambolage » constitue chez lui une véritable méthode : Cervera organise la rencontre de références artistiques et culturelles hétérogènes pour produire des images stratifiées, fixer des souvenirs recomposés et stabiliser les traces affectives de son passé. A la manière d’un montage cinématographique, la surface picturale se fragmente et se recompose, intégrant acrylique, tissu, bombe aérosol, figures monstrueuses et iconographie populaire.
« Les Fictions de Sète » ouvrent le parcours de l’exposition. Loin du simple récit autobiographique et de la nostalgie apaisée, son enfance au sein de l’environnement portuaire sétois est dépeinte comme une période d’ambivalence : les motifs familiers comme les rues et les jeux se superposent à des formes inquiétantes, telles que les grues aux allures repoussantes dans Les Monstres attaquent la ville (2024).
Avec les « Territoires de l’imaginaire », Cervera puise dans ses nombreux voyages. De la Chine à l’Inde en passant par le Sénégal ou le Maroc, le peintre revendique une forme de rupture avec la culture occidentale et la « créolisation » de ses influences. L’artiste interroge ainsi la porosité entre visible et invisible, la symbolique des couleurs, et s’intéresse aux rituels chamaniques et aux objets porteurs de sacré. Masques, fragments textiles et objets du quotidien s’agrègent au sein de compositions denses où les histoires et les matériaux collectés façonnent de nouvelles réalités.
En convoquant des figures comme Francisco de Goya ou James Ensor, Cervera ne cite pas, il détourne. Profondément existentiels, les thèmes abordés dans ses « Peintures d’histoire » entrent en résonnance avec les préoccupations contemporaines. Dans La Grande traversée (2022), il réactive le naufrage de la frégate Méduse dépeint par Géricault pour alerter sur le drame des migrants naufragés dans la Méditerranée.
Vingt-et-un ans après une première exposition au musée Paul Valéry, « André Cervera. Carambolages » invite le visiteur à circuler entre le réel et l’imaginaire, à explorer la puissance des souvenirs et le caractère presque rituel de la peinture de l’artiste. Placée sous le commissariat de Camille Bertrand-Hardy et de Stéphane Tarroux, elle propose de se plonger dans l’esthétique carambolée d’un artiste refusant les canons académiques pour revendiquer l’hybridation perpétuelle de ses multiples références.
Line Puech
Quand
29/03/2026 - 07/06/2026