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Numéro 17

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Disponible en version numérique

Sommaire

8 Editorial Il n'y a pas d'art français mais il y a des artistes en France Par Pascal Amel 10 Actualités La Force de l'art au Grand Palais : Rencontre avec Olivier Kaeppelin Par Pascal Amel et Teddy Tibi, Les galeries en France : Etat des lieux Par Antoine Fonsagrive 14 Enquête Paroles d'artistes : Asse Geneviève 17 Enquête Paroles d'artistes : Benohoud Hicham 21 Enquête Paroles d'artistes : Benzaken Carole 25 Enquête Paroles d'artistes : Bloch Pierrette 28 Enquête Paroles d'artistes : Bosser Jacques 32 Enquête Paroles d'artistes : Bouillon François 36 Enquête Paroles d'artistes : Brusse Mark 40 Enquête Paroles d'artistes : Cabanes Damien 43 Enquête Paroles d'artistes : Chevalier Miguel 47 Enquête Paroles d'artistes : Cognée Philippe 50 Enquête Paroles d'artistes : Corpet Vincent 53 Enquête Paroles d'artistes : Couturier Marc 56 Enquête Paroles d'artistes : Dean Stephen 60 Enquête Paroles d'artistes : Desgrandchamps Marc 63 Enquête Paroles d'artistes : Dilasser François 66 Enquête Paroles d'artistes : Gauthier Dominique 70 Enquête Paroles d'artistes : Hurteau Philippe 73 Enquête Paroles d'artistes : Jammes Louis 77 Enquête Paroles d'artistes : Jézéquel Claire-Jeanne 81 Enquête Paroles d'artistes : Le Gac Jean 84 Enquête Paroles d'artistes : Lesueur Natacha 92 Enquête Paroles d'artistes : Mehadji Najia 96 Enquête Paroles d'artistes : Mencoboni Didier 100 Enquête Paroles d'artistes : Mercadier Corinne 108 Enquête Paroles d'artistes : Monory Jacques 111 Enquête Paroles d'artistes : Mouraud Tania 114 Enquête Paroles d'artistes : Perramant Bruno 120 Enquête Paroles d'artistes : Pignon-Ernest Ernest 124 Enquête Paroles d'artistes : Poirier Anne et Patick 128 Enquête Paroles d'artistes : Poupel Antoine 132 Enquête Paroles d'artistes : Reigl Judit 136 Enquête Paroles d'artistes : Rousse Georges 140 Enquête Paroles d'artistes : Selz Dorothée 144 Enquête Paroles d'artistes : Skoda Vladimir 148 Enquête Paroles d'artistes : Stämpfli Peter 152 Enquête Paroles d'artistes : Télémaque Hervé 156 Enquête Paroles d'artistes : Titus-Carmel Gerard 160 Enquête Paroles d'artistes : Togo Barthélémy 164 Enquête Paroles d'artistes : Traquandi Gérard 168 Enquête Paroles d'artistes : Viollet Catherine 176 Bibliothèque 15 éditeurs et l'art contemporain Par Philippe Piguet 183 Evènements Choix de manifestations artistiques nationales Par Aurélie Portet

Editorial

Il n'y a pas d'art français mais il y a des artistes en France

On sait que, durant des décennies, du XVIIe siècle à la seconde guerre mondiale, le rayonnement de l'art venu de France fut considérable. On sait également que, dès l'Impressionnisme (Sisley, Van Gogh...), et pour ce qui concerne l'art moderne (Picasso, Kandinsky, Brancusi, Man Ray...), ce furent autant les artistes étrangers qui y séjournèrent que les artistes nés sur son sol qui s'en firent les émissaires, la fortune critique de leurs oeuvres franchissant conjointement les frontières de l'Hexagone. On sait aussi que, à cause de l'absence de soutien des politiques et des collectionneurs français de cette période et par une nouvelle donne des puissances occidentales après la Libération, les États-Unis, et en particulier New York, ont supplanté le leadership de la "représentation mondiale" de l'art en apportant leur soutien à la talentueuse génération des Expressionnistes Abstraits (De Kooning, Pollock, Motherwell, Rothko...), puis à celles du Pop Art, du Minimalisme et de l'art Conceptuel tout en déniant l'importance considérable de Paris et des influences esthétiques issues de l'Europe (Russie y comprise) : songeons, entre autres, à l'apport essentiel de Matta et de Masson sur les premiers pas de l'Expressionnisme Abstrait, des Suprématistes russes sur le Minimalisme, du Pop Art anglais sur le New-yorkais... L'art américain s'est délibérément constitué en tant que tel et son succès fut suffisamment probant pour, dès la fin des années 70, contraindre ceux qui désiraient exister sur la scène internationale à se constituer, eux aussi, en tant qu'expression strictement nationale : d'où l'émergence des artistes allemands, des sculpteurs anglais, des italiens de l'Arte Povera, de la jeune génération des espagnols, etc.

La France, à tort ou à raison, n'a jamais joué cette carte. D'une part il semble qu'il n'y ait pas à proprement parler d'art français - l'on voit bien que, même si l'on admet un tropisme pour la clarté, la mesure, la fameuse "rationalité française", trop de contre-exemples nous viennent à l'esprit (Delacroix, Gauguin, Monet, Breton et la plupart des Surréalistes, Dubuffet, Klein sont de toute évidence des artistes épris de l'expérience des limites - l'ailleurs, l'irrationnel, l'absolu). D'autre part, soyons quelquefois immodestes, quand bien même le marché de l'art (comme n'importe quel autre secteur de l'économie) ne cesse de privilégier la visibilité immédiate - la marque - à la complexité de l'oeuvre, la carte simpliste d'un art réduit à quelques traits nationaux apparaît à nombre d'entre nous trop réductrice pour être intellectuellement satisfaisante (compte tenu de notre histoire, de la diversité des artistes venus d'horizons lointains, de la multiplicité des pratiques et des esthétiques qui ont cours dans notre pays, on peut faire le constat qu'il n'y a pas d'art français mais des artistes en France).

D'aucuns prétendent que s'il n'y a pas d'art français c'est que nous sommes incapables de le promouvoir. C'est plus complexe que cela. Passons sur les sempiternels envieux qui, faute d'être eux-mêmes des artistes (confondant le statut social du créateur - sa reconnaissance médiatique - avec ce qui demeure une nécessité intérieure), nous ressassent année après année qu'il n'y a pas d'artistes français dignes de ce nom : cette hypothèse est tellement démentie par la réalité des oeuvres qu'il nous a été donné de voir dans maintes expositions et quelques ateliers d'artistes, que nous n'insisterons pas sur ce point. Laissons également de côté les inévitables groupies adorer les superstars du jour - c'est si banalement "humain". Par contre, admettons que, longtemps, trop longtemps, la France s'est désintéressée de ses propres créateurs. Car, ne nous y trompons pas, jusque dans les années 60, non seulement la plupart des artistes de notre pays ont survécu le plus souvent grâce à des collectionneurs étrangers mais leur visibilité publique fut très partielle, à l'aune de la cécité étrange qui semblait frapper les individus et les institutions en ce qui concerne l'art produit pourtant à deux pas de chez eux. Il y eut - certes - l'exception Malraux, difficile de ne pas l'admettre. Mais il fallait davantage : attendre la fin des années 70 pour que Georges Pompidou, sensible aux novations esthétiques de son époque, décidât d'édifier le lieu résolument consacré à l'art moderne et contemporain qui porte son nom , les années Lang pour que la France créât les FRAC et la plupart des centres d'art qui innervent aujourd'hui les régions. Il fallait que l'État, renouant avec la tradition héritée du mécénat royal, privilégiât une politique culturelle en faveur de l'art d'aujourd'hui pour que celui-ci soit enfin visible sur notre territoire. Ce qui, bien entendu, est un acquis extraordinaire bien que, comme cela est inévitablement le cas quant un art dépend par trop du Prince (ou de l'État), la tentation est grande pour ce dernier de favoriser certains artistes - ou une esthétique - au détriment d'autres , qu'il privilégie hier, l'abstrait , dans les années Lang, la Figuration Libre , celles de Jospin, l'art social , aujourd'hui, le jeunisme ? Paris (la France) comme nouvelle "plaque tournante" de l'art ? Bref, la tentation est grande pour l'Institution de promouvoir le discours esthétique qui lui chaut : d'autant qu'il y aura toujours des artistes "mi courtisans mi stratèges" pour adopter le discours que celle-ci désire entendre - pour lui tendre le miroir flatteur de sa propre suprématie (ce qui n'empêche pas certains de ces mêmes artistes d'avoir du talent, mais quid des autres ?). Cela dit, répétons que l'existence d'un réseau d'infrastructures consacrées à l'art d'aujourd'hui en France est une chance. De toute évidence, cela permet une meilleure visibilité de ce qui se crée, même si, pour notre part, nous nous étonnons que la politique systématique d'expositions, d'acquisitions et de commandes publiques d'artistes principalement issus des trois ou quatre nations occidentales qui font et défont le marché de l'art ne soit suivie d'aucune réciproque, ce qui prouve certes que nous sommes des esprits curieux et généreux - ce qui est sympathique - , mais dénués de tout pragmatisme car donner sans contrepartie est évidemment un non-sens dans n'importe quel système symbolique , or, l'art est un système à haute teneur symbolique (à ce sujet nous avons écrit dans un précédent numéro que nous souhaitions qu'une parité d'expositions et d'acquisitions existât entre les artistes vivant en France et ceux des autres pays : cela nous paraît correspondre à une réalité historique et à un minimum de garantie quant à la promotion nécessaire de l'art hexagonal).

Aujourd'hui le Ministère de la Culture crée une triennale de l'art contemporain au Grand Palais afin que le public ait une vision conséquente de ce que créent ici et maintenant les artistes en France (qu'ils en soient originaires ou non). Dont acte. Souhaitons que cette exposition ne soit pas exclusivement à l'aune de l'esthétique "déceptive" - l'insignifiant , le dérisoire , le cynique , le divertissement plat - que l'on voit trop souvent porter aux nues, mais, bien au contraire, la mise en valeur de la diversité des pratiques artistiques auxquelles se confrontent les créateurs d'aujourd'hui. Pour nous, face au risque de l'art officiel - la mode, l'air du temps - il y a nécessité d'une complémentarité de points de vue. Celle qu'engendre la pluralité des partis pris esthétiques des commissaires d'expositions que l'on souhaite aussi exigeants que singuliers , celle des fondations privées et des galeries, qui ont un rôle crucial à jouer et parfois le jouent fort bien , des collectionneurs, dont on connaît l'importance pour l'histoire du goût (sans donations pas de musées) , des artistes eux-mêmes, qui, n'en doutons pas, savent faire la part entre une oeuvre substantielle et l'écume du jour , et, the last but not least, du public, tout du moins celui qui se sent concerné (sans les cinéphiles comment imaginer que Cassavetes, Tarkovski, Kariostami ou Wong Kar-Wai aient pu se faire reconnaître ? sans les passionnés de littérature, Claude Simon, Francis Ponge, Claude-Louis Combet ou Pierre Michon ?) : notons - à ce sujet - que l'exposition d'art contemporain la plus visitée et la plus appréciée en 2005 fut Africa Remix au Centre Georges-Pompidou !

Depuis mai 2002, date de la création de notre revue indépendante - c'est-à-dire libre - , nous n'avons cessé de mettre en exergue l'oeuvre des artistes vivant en France et ce quels que soient leur génération, leur médium, leur reconnaissance médiatique ou leur origine (notre critère essentiel étant l'oeuvre elle-même). Quatre ans après, à l'occasion de la création de la triennale de l'art contemporain en France, il nous a semblé utile de proposer à nos lecteurs un numéro spécial où - sous forme de bilan conçu comme un outil de travail et de réflexion - nous donnons la parole aux artistes auxquels nous avons consacré un dossier important dans l'une ou l'autre de nos seize précédentes publications , de demander aux artistes que nous estimons (nous ne disons pas que tous les artistes talentueux sont présents dans notre revue mais nous affirmons que ceux qui y figurent ont une démarche, un trajet, une cohérence, une esthétique que l'on peut aimer ou ne pas aimer mais qui n'en demeurent pas moins substantiels) ce qu'ils pensent - eux - de la situation artistique en France , conjointement à leurs propos nous avons joint des informations les concernant (expositions en cours ou à venir, galeries, prix de leurs oeuvres, etc.). Philippe Piguet, l'un de nos plus fidèles collaborateurs, consacre également une Rubrique Bibliothèque aux éditeurs d'art faisant un travail de fond en publiant soit des monographies d'artistes, soit des ouvrages plus spécifiques - esthétiques, littéraires, poétiques - car nous estimons, bien entendu, que « l'amour de l'art et l'amour du livre » entretiennent des affinités électives. Enfin, comme dans chaque numéro, nous rendons compte d'événements nationaux qui nous intéressent - en mettant cette fois l'accent sur les manifestations concernant essentiellement des artistes de l'hexagone.

Pour conclure les lecteurs attentifs - et les abonnés - auront remarqué que ce numéro spécial de deux cent pages (le double de notre numéro habituel) est au même prix que d'ordinaire : il ne s'agit pas d'une erreur d'impression de notre part : c'est pour nous une manière de fêter ensemble le quatrième anniversaire de l'existence de la revue.
Pascal Amel