Numéro 36
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| | Prix Normal | | 10.00 € |
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Sommaire
6 Actualités
Choix d’événements artistiques
34 Lieu d'exposition
Fondation Salomon, Samuel Rousseau
38 Artiste
L ’oeuvre insoumise de Gérard Gasiorowski Carré d’Art-Musée d’art contemporain de Nîmes Par Alexandra Fau
44 Artiste
La vie dans les plis d’Eugène Leroy Par Emmanuel Daydé
50 Artiste
Jean-Olivier Hucleux, la prospection à l’infini Entretien avec Élisabeth Couturier
58 Artiste
Le festin nu d’Emmanuelle Renard Par Renaud Faroux
62 Parcours
Les choix d’Antoine de Galbert Entretien avec Pascal Amel
70 Exposition
Normandie Impressionniste , Rouen capital d'impressions par Vincent Quéau
76 Exposition
Normandie Impressionniste , Millet au bord du vide par E. Daydé
84 Exposition
Normandie Impressionniste, Degas l'invention du dessin moderne par Manuel Jover.
88 Exposition
Normandie Impressionniste, L'estampe impressionniste par Manuel Jover.
90 Exposition
Normandie Impressionniste, Impressionnisme et art vidéo par Tom Laurent.
Editorial
Peinture française : la réhabilitation ?
Le succès de l’exposition Soulages au centre Georges-Pompidou en a étonné plus d’un dans le milieu de l’art. En effet, qu’un peintre français abstrait âgé de 90 ans soit vu par environ 500 000 personnes, et soit considéré comme le premier des artistes préférés des artistes (cf. le sondage publié dans notre précédent numéro) est un démenti cinglant à « la mort de la peinture », dont on nous rebat les oreilles depuis deux décennies : quelques-uns claironnent que ce médium n’a plus lieu d’exister (comme si la spécificité de la peinture, qui est le mixte unifié de l’œil et de la main, du scopique et de l’haptique, du concept et de la matière, pouvait disparaître du jour au lendemain ?) ; d’autres – plus nuancés ou impressionnés par les cotes faramineuses de certains artistes anglo-saxons, allemands, espagnols, russes, chinois, indiens, iraniens, etc. – reconnaissent du bout des lèvres que la peinture est toujours actuelle, mais qu’elle s’arrêterait par l’on ne sait quel sortilège aux frontières de l’Hexagone ; les derniers, enfin, ressassent nostalgiquement la prodigalité américaine de la seconde moitié du XXe siècle qui, certes – de Gorky à Rauschenberg, de Pollock à Cy Twombly, de De Kooning à Ellsworth Kelly, de Rothko à Robert Ryman – s’est avérée stupéfiante.
Dans tous les cas, la place de la peinture française des années 50 jusqu’à aujourd’hui est sinon sacrifiée, du moins minorée.
Or, depuis deux ou trois ans, s’émancipant des discours par trop réducteurs, et sans doute soucieux d’historicité ou de montrer tout simplement ce qu’ils estiment être des œuvres incontournables, quelques institutions muséales en région et à Paris nous ont donné à voir (ou à revoir) la peinture française ou produite en France : Bram van Velde à Lyon, Simon Hantaï à Toulouse, Joan Mitchell à Giverny, Paul Rebeyrolle et Olivier Debré à Fernet-Branca, Jean Degottex à Quimper, Malaval à Angers, Claude Viallat à Clermont-Ferrand, Jean-Olivier Hucleux à Sète, Erró au centre Georges-Pompidou, la Figuration narrative au Grand Palais, François Morellet au musée d’Art moderne de la ville de Paris, Jean-Michel Alberola à la Bibliothèque nationale de France, etc. Cet été, ce mouvement s’intensifie : Gérard Gasiorowski, Eugène Leroy, Pierre Alechinsky, Martial Raysse, Peter Klasen, Ernest Pignon-Ernest, Jean Le Gac, Mark Brusse, Titus-Carmel, Jean-Pierre Pincemin sont à l’honneur. À l’automne, le musée des Beaux-Arts de Nantes expose Judit Reigl et, en 2011, le centre George-Pompidou, Martin Barré. Quelques galeries prestigieuses défendent de nouveau « leurs » peintres : Pierre Buraglio, Stéphane Penchréac’h, Gérard Garouste, Philippe Cognée, Bernard Moninot, Gérard Traquandi, Frédérique Lucien, Bernard Frieze, Robert Combas, Marc Desgranchamps, Carole Benzaken, Didier Mencoboni, Damien Cabannes, Philippe Pasqua, Noël Dolla, Dominique Gauthier, etc. Enfin, de jeunes peintres émergent dont certains sont plus que prometteurs…
Souhaitons que – outre le plaisir individuel que chacun éprouvera à découvrir enfin ce qui s’est produit de plus significatif dans la peinture en France ces dernières décennies – cela permette, aussi, aux nombreux curators et conservateurs des principales institutions de l’art mondial d’en prendre en définitive acte.
Pascal Amel, Teddy Tibi