Numéro 7
| | Prix : | | |
| | Prix Normal | | 10.00 € |
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Sommaire
12 Entretien
L'Algérie des peintres, rencontre avec Stéphane Guégan
20 Exposition
Feuilles d'automne algéroise, par Vincent Quéau
26 Peinture
Gérard Titus-Carmel, L'Inquiétude mise à l'oeuvre, par Evelyne Artaud
34 Photographie
Louis James, Notes de voyage
40 Entretien
Philippe Cognée, La Peinture et ses modèles, par Philippe Piguet
46 Ailleurs
Brève histoire de l'image dans l'art contemporain chinois, par Christine Buci-Glucksmann
56 Film
Rithy Panh, La parole filmée comme aveu du génocide, par Soko Phay-Vakalis
62 Note d'atelier
Cécile Bart, Les visiteurs du jour
68 Domaine public
Eugène Fromentin: La Ronde de nuit de Rembrandt
86 Bibliothèque
Choix et commentaires de livres
93 Evènements
Actualité de manifestations artistiques
Editorial
De l'histoire de l'art considérée comme une branche de l'histoire ?
On sait aujourd'hui que la culture en général et les oeuvres d'art en particulier ne sont pas suffisantes pour arrêter la barbarie. Mais on sait également qu'elles peuvent se faire le témoin de ce qui s'est déroulé pour que cela n'ait plus jamais lieu - ou plus exactement pour que nombre d'entre nous ait conscience de ce qui s'est passé. Qu'elles sont le perpétuel combat de la vie (avec, le plus souvent, pour seules armes un pinceau, un stylo ou une caméra) contre la pulsion de mort - le refus de la différence, la haine de soi et de l'autre - qui toujours se love dans l'instrumentalisation idéologique des hommes : car, bien entendu, Guernica - l'oeuvre - ne dénonce pas seulement le martyr d'une petite ville espagnole pendant la guerre civile de 1936, elle est la preuve concrète que l'irréductible humain perdure.
Il est vain d'essayer de comprendre l'émergence de certaines oeuvres d'art en nonobstant le contexte dont elles proviennent , et plus vain encore d'imaginer que les artistes, qui sont des êtres doués de sensibilité et de raison, ne ressentent pas la souffrance et le scandale de certaines situations sans tenter avec leurs faibles moyens (faibles au regard du pouvoir politique ou hégémonique des Maîtres du moment) d'y remédier à leur manière : dans ce numéro d'art absolument, le bruit et la fureur de l'histoire est évoquée. À chaque fois, la réponse symbolique des artistes est certes précaire, mais essentielle - vitale : elle échappe à la table rase des régimes totalitaires (au déni de la civilisation et de la culture qui s'y instaure) , elle dénonce les lieux communs (la bêtise, la démagogie, l'air du temps) qui pèsent sur toute société basée sur l'assentiment du plus grand nombre , elle fait reculer toute pensée unique, toute prérogative, toute exclusion.
Elle est à la fois dénonciation et témoignage, mais aussi baume, espoir, ouverture.
Pascal Amel