Maria Papa ROSTKOWSKA — Wifredo Lam Imaginaires croisés Albisola et au-delà
L'exposition
Présentée à la Galerie Diane de Polignac, l’exposition "Imaginaires croisés, Albisola et au-delà" sous le commissariat de Lydia Harambourg, propose un rapprochement entre Maria Papa Rostkowska et Wilfredo Lam. Albisola, foyer d’expérimentations plastiques dans l’après-guerre, en constitue le cadre. La présence volontairement restreinte de Lam, deux oeuvres en céramique, introduit une tension discrète dans le parcours, sans en structurer l’économie générale, laissant la sculpture de Maria Papa occuper l’essentiel de l’espace.
Déployée en trois salles, l’exposition s’appuie sur un accrochage d’une grande sobriété, qui privilégie la lisibilité des volumes et la circulation autour des oeuvres. Les marbres sont présentées sur des socles également taillés par l’artiste, conçus comme des extensions du volume sculpté. Certaines pièces, volontairement orientables, déjouent toute frontalité unique et engagent le regard dans une appréhension successive des formes. Ce dispositif installe une temporalité lente, attentive aux variations de surface et aux déplacements du spectateur.
Née en Pologne et marquée par l’occupation de Varsovie, l’exil et des pertes précoces, Maria Papa Rostkowska s’inscrit dans une génération pour laquelle la sculpture se déplace hors de l’affirmation monumentale, vers une approche plus intériorisée. Installée à Albisola à la fin des années 1950, elle y développe une pratique attentive à la matière et au geste, avant que le marbre ne s’impose, à partir des années 1970, comme son matériau privilégié. Refusant toute maquette, l’artiste attaque directement la pierre, engageant un rapport irréversible à la matière, où chaque décision formelle s’inscrit dans la durée. « Le marbre m’a éblouie… j’y ai perçu son immortalité, comme une mer vivante qui s’est figée », écrit-elle.
De cette radicalité procède une oeuvre d’une grande retenue plastique. Volumes arrondis, équilibres subtils entre pleins et vides, formes oscillant entre abstraction et figuration suggérée composent un vocabulaire sculptural épuré. Les titres, "L’Arbre de vie", "La Maison de rêve", "L’Oiseau du bonheur", "Ganesh", orientent la lecture sans la clore, laissant au spectateur une part active d’interprétation. Les terres-cuites en bas-relief prolongent cette recherche : les formes y émergent de la surface sans s’y figer, selon une logique de poussée et de retrait qui privilégie des lignes souples et un mouvement contenu, à distance d’une modernité plus indivise et plus volontiers tranchante. Si le rapprochement avec Wilfredo Lam demeure discret, il rappelle néanmoins le rôle d’Albisola comme lieu de circulation des formes et des imaginaires.
L’exposition trouve ainsi sa justesse dans une économie de moyens, révélant une oeuvre qui privilégie la concentration formelle et la continuité du geste au détriment de toute spectacularisation.
Marie Nallet
Déployée en trois salles, l’exposition s’appuie sur un accrochage d’une grande sobriété, qui privilégie la lisibilité des volumes et la circulation autour des oeuvres. Les marbres sont présentées sur des socles également taillés par l’artiste, conçus comme des extensions du volume sculpté. Certaines pièces, volontairement orientables, déjouent toute frontalité unique et engagent le regard dans une appréhension successive des formes. Ce dispositif installe une temporalité lente, attentive aux variations de surface et aux déplacements du spectateur.
Née en Pologne et marquée par l’occupation de Varsovie, l’exil et des pertes précoces, Maria Papa Rostkowska s’inscrit dans une génération pour laquelle la sculpture se déplace hors de l’affirmation monumentale, vers une approche plus intériorisée. Installée à Albisola à la fin des années 1950, elle y développe une pratique attentive à la matière et au geste, avant que le marbre ne s’impose, à partir des années 1970, comme son matériau privilégié. Refusant toute maquette, l’artiste attaque directement la pierre, engageant un rapport irréversible à la matière, où chaque décision formelle s’inscrit dans la durée. « Le marbre m’a éblouie… j’y ai perçu son immortalité, comme une mer vivante qui s’est figée », écrit-elle.
De cette radicalité procède une oeuvre d’une grande retenue plastique. Volumes arrondis, équilibres subtils entre pleins et vides, formes oscillant entre abstraction et figuration suggérée composent un vocabulaire sculptural épuré. Les titres, "L’Arbre de vie", "La Maison de rêve", "L’Oiseau du bonheur", "Ganesh", orientent la lecture sans la clore, laissant au spectateur une part active d’interprétation. Les terres-cuites en bas-relief prolongent cette recherche : les formes y émergent de la surface sans s’y figer, selon une logique de poussée et de retrait qui privilégie des lignes souples et un mouvement contenu, à distance d’une modernité plus indivise et plus volontiers tranchante. Si le rapprochement avec Wilfredo Lam demeure discret, il rappelle néanmoins le rôle d’Albisola comme lieu de circulation des formes et des imaginaires.
L’exposition trouve ainsi sa justesse dans une économie de moyens, révélant une oeuvre qui privilégie la concentration formelle et la continuité du geste au détriment de toute spectacularisation.
Marie Nallet
Quand
15/01/2026 - 07/02/2026